Et demain il faudra déjà se dire au revoir

Ode à la rencontre.

Je me laisse curieuse, on ne sait jamais. Le bus m’a bercé, le coeur chaviré d’avoir vu les paysages sauvages et presque déchirés du côté de Glencoe.

En voyage, il y a parfois les rencontres. Celles que l’on fait quand on n’attend finalement pas grand chose du moment. On devient quelqu’un dans le bruit des gens qui viennent et qui partent.

Cette fois là je bouquine tranquillement mais je n’ai pas pu résister et j’ai réagi à l’exclamation qui nous trahit. Putain ! 

Ah, ça c’était très français.

On partage soudain un passé qui se ressemble. On arrive à trouver par ici cette personne qu’on pourrait connaître. Cette rue qu’on a foulé à la même période. Mais si, mai 2015, j’étais là bas, moi aussi.

La rencontre s’agite très vite. Je sais déjà les pourquoi, les maux, les regrets. Elle me glisse une recette de ce plat forcément somptueux puisqu’on l’a partagé. Je dis un endroit qu’il faut aller voir. C’est ce que je trouve le plus précieux en voyage.

Tout va soudain lentement. Pendant que chaque coincidence coincide à merveille, on pourrait peut-être fêter ça avec pas qu’un peu de vin, non ?

On parle sur la pointe des pieds des petits rituels écossais rigolos, de ces trucs de nos chez nous qui manquent, de ce qu’on ne regrettera pas, de la liberté, de construire cette liberté, loin ou tout près des siens.

Haut et fort on rigole, on fête les petits liens qui se tissent quelque part dans ce nulle part de passage. Dans une phrase on se plaît à parier sur l’avenir, dans une autre on transforme un peu le passé. On est là, mais ce pourrait être l’histoire de milliers d’autres. À Varsovie, Dighton ou dans un aéroport à Pretoria. Partout, les fils qui se tissent.

On s’échange les numéros, on se promet. On se dit les à bientôt auxquels on croit vraiment trop.

Mais au fond, on le sait. Demain, il faudra déjà se dire au revoir.

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